Le droit a la bêtise

“Je suis Charlie” ou le droit a la bêtise

Traducción Erick Audouard (erick.audouard@dbmail.com)

 

Si ce que j’écris est une satire, personne ne pourra rien me reprocher, sauf à dire qu’il n’a pas ri. On ne peut envisager de censurer ma « liberté d’expression » même si je dis n’importe quoi, des niaiseries, des blagues, des mensonges, des blasphèmes, des injures ou des bêtises. Ce texte est-il une satire, chers Charlie ? Qui sait. Vous pouvez en douter, mais ne me censurez pas. La règle me permet de dire ce que je veux, même si je ne pense pas ce que je dis, même si je ne dis absolument rien.

Que se passe-t-il ? Où est le problème ? Lorsqu’on se retrouve à défendre la « liberté d’expression » en brandissant un petit panneau « Je suis Charlie », sous forme d’hommage à un journal hebdomadaire qui tire à 20 000 exemplaires, c’est bien que quelque chose est en train d’arriver. Et ce qui arrive, c’est que les Occidentaux défendent le dernier bastion qu’il leur reste : le droit à la bêtise.

Le mensonge des attentats du 11 septembre 2001 a déjà testé le degré de bêtise dont la grande majorité des Occidentaux était capable. Une espèce de crash-test qui a donné de si bons résultats qu’il ne fut pas nécessaire d’en faire plus pendant un petit moment. Une mise-en-scène spectaculaire qui a permis de vérifier que presque plus personne ne distinguait la réalité d’un écran hollywoodien. Un spectacle impeccable qui a vérifié le pouvoir de manipulation à travers les moyens de communication de masses et la capacité des populations à se laisser tromper. Quand je dis « presque personne », je me réfère à l’opinion publique, non aux quelques-uns qui continuent de penser que cet épisode fut un show, une vaste farce, une grande illusion théâtrale pour commencer à déployer le Nouvel Ordre Mondial, lequel s’est donné pour mission d’amputer progressivement toutes les libertés individuelles en soumettant les peuples à une surveillance et à un contrôle sans égal dans l’histoire. En faisant aussi la promotion de l’idée néo-conservatrice du « Choc des civilisations » dans le but d’envahir peu à peu tous les pays du Moyen-Orient et d’annihiler le nouvel ennemi du jour : le Terrorisme.

Après la Guerre Froide, il s’agissait de poursuivre la guerre, le meilleur des business capitalistes. On mit alors à l’épreuve la conscience, la pensée, la lucidité, l’intelligence de la plus grande partie des Occidentaux. Et ils sont tombés dans le piège. Ils ont cru au Terrorisme subitement, sans réfléchir, sans réagir. L’ennemi parfait a fait son apparition. Un ennemi qui ne se trouve nulle part, qui peut être fabriqué n’importe quand, et qu’on peut tuer à volonté (avez-vous remarqué que presque tous les terroristes meurent au combat ?) et qui, comme cadavre, se trouve dans les plus grandes difficultés pour se rendre au tribunal et se faire entendre lors d’un procès. Un ennemi qui peut être invoqué à n’importe quelle occasion, sous n’importe quel prétexte, et qui présente aussi cet avantage de pouvoir être exporté et entraîné dans n’importe quel endroit, en quelque sorte doté d’ubiquité, pratique parce qu’invisible et parce que n’importe qui peut l’être. Tel est l’ennemi parfait, l’ennemi de dernière génération, conçu pour détruire peu à peu la liberté de tous les peuples de la terre. Mais bien sûr, créer cet ennemi en théorie, comme concept abstrait, n’est pas suffisant. Il fallait le localiser dans quelque région de la planète afin qu’à la longue, cette région puisse est annexée à l’Occident. Cette région est le Moyen-Orient. Cette région est l’Islam. Par voies de conséquences successives, magnifiquement dosées, l’opinion publique occidentale en est venue à associer le concept abstrait de l’ennemi comme terroriste aux factions islamiques concrètes.

Un fois le tableau dressé, une fois identifiés l’ennemi et la région, l’ennemi et l’Islam, ce n’était plus qu’une question de temps et de patience pour amorcer l’invasion de ces pays. Je ne m’attarderai pas sur ces invasions, pas plus que sur la quantité de morts qu’elles ont déjà provoqués, ou sur d’autres d’aspects du même acabit. Je dirai simplement que l’objectif ultime de ce grand jeu est d’accaparer le Moyen-Orient tout entier, – objectif qui sera probablement atteint un jour ou l’autre.

Reprenons le fil des événements. Le 7 janvier 2015 fut le 11 septembre français. Un petit attentat au regard du nombre de victimes, mais touchant un point névralgique. Non moins spectaculaire à sa façon, qui s’apparente à  celle d’un film d’action hollywoodien. Laissons de côté ce caractère spectaculaire et resserrons notre attention sur l’attentat en soi. (Cher Charlie, n’oublie pas que ce que suis en train d’écrire est peut-être une satire). Parmi les victimes, se trouvaient quatre pauvres dessinateurs satiriques, et cela signifie donc que les terroristes « ont tué la liberté d’expression », puisque ces dessinateurs s’exprimaient librement sur tous les sujets possibles sans jamais se soucier de rien. Cette liberté me semble bonne. Très bonne. Je ne ferai pas référence au contenu de leurs dessins. Qu’ils soient blasphématoires ou non, qu’ils soient intelligents ou non, qu’ils soient drôles ou ne le soient pas, rien de cela ne m’importe. En revanche, ce qui m’importe, ce qui m’importe énormément, c’est une chose tout à fait essentielle, – et voici la clé de ma satire : il s’agit de la dernière chose qui reste à l’Occident, cet Occident qui est en train de perdre à peu près tout ce qui a fait sa substance. Quand je dis tout, je dis les valeurs, le respect, la famille, l’éducation, l’honnêteté, l’intégrité, la vérité, l’amour, la liberté, la dignité, la sainteté… tout… tout sous le rouleau-compresseur d’un système capitaliste qui ne sait qu’écraser, ronger, corroder, détruire, afin qu’il ne demeure plus rien qui vaille la peine d’être défendu. Le marché économique est parvenu à faire en sorte que n’importe quelle chose puisse être vendue à n’importe quel consommateur, et que tout un chacun devienne le consommateur de n’importe quelle chose. Et cela, c’est être définitivement stupide. A la fin, rien ne vaut rien et tout se confond : vive la bêtise !

En dépit de cet abrasement, il y avait encore des restes. Des restes que le système avait lui-même créé : des idiots revendiquant le droit à l’idiotie. Des idiots, des imbéciles auxquels l’on peut vendre n’importe quel médicament, n’importe quelle pilule, des idiots, des imbéciles dont on contrôle l’existence chaque jour, des idiots, des imbéciles qui votent pour des présidents qui ne président qu’en faveur des banques, des idiots, des imbéciles qui revendiquent le droit à tout, des idiots, des imbéciles qui ne respectent rien, qui savent que leurs hommes politiques, leurs juges et leurs parlementaires sont corrompus jusqu’à la moelle mais qui ne s’en soucient pas plus que ça, des idiots, des imbéciles qui ne croient ni en Dieu ni au diable, qui vivent et circulent sans réelle liberté d’action, qui ont cessé de penser, qui se dirigent en fonction des propagandes publicitaires, qui tolèrent toute permissivité au nom du progrès, etc. etc. Et sous cet angle, qu’est-il arrivé ? Trois chiens enragés ont tiré à bout portant sur la Bêtise. Et la grande majorité est sortie dans la rue pour crier : Nous sommes idiots, nous sommes crétins, nous sommes Charlie ! Par pitié, ne nous prenez pas le seul droit qui nous reste après que nous ayons renoncé absolument à tout, à tout, à tout… (puisqu’il s’agit d’une satire, vous pourriez tolérer que j’ajoute des milliers de à tout).

Pourquoi le droit à la bêtise ?  Parce qu’au fond, nous savons très bien, nous savons parfaitement que les libertés ont disparu et qu’elles ont disparu parce que nous sommes devenus idiots et stupides. Nous avons perdu l’intelligence, le tact, la sagesse, la fraternité de pensée, la philosophie, jusqu’au simple bon sens… Nous avons perdu la liberté de penser. Nous avons cédé la plus précieuse de toutes les libertés qui est celle de penser, de penser véritablement, liberté qui est justement la seule qui permette d’agir. La liberté d’agir qui permet les véritables transformations sociales, politiques et économiques. Nous nous sommes résignés. Nous avons renoncé. Nous nous sommes paralysés. Ou, pour le dire mieux, on nous a renoncés, paralysés, on nous a enfermés dans le piège du terrorisme, de l’Islam, du capitalisme, dans la liberté superflue de prendre des vacances sympathiques, dans la liberté d’aller massacrer quelques abrutis au Moyen-Orient pour les édifier dans la démocratie et dans la liberté… On a fait de nous des crétins à l’échelle mondiale. Et alors, alors, Chers Charlie, hier nous sommes sortis dans la rue et nous avons supplié : Ne nous prenez pas notre dernier droit, notre droit d’être idiots, imbéciles et crétins, parce que si vous nous le prenez, il ne nous restera rien ! Et tous les grands de ce monde, tous les maîtres et tous les puissants vinrent nous répondre : Nous vous avons entendus ! Nous sommes là ! Croyez-nous, pour rien au monde, vous ne perdrez ce droit !

Quatre pauvres dessinateurs exécutés par deux djihadistes dans les locaux d’un petit journal (une satire, c’est une satire, cher Charlie) ont provoqué cet incroyable rassemblement de maîtres et de puissants. Comme c’est étrange. Comme tout s’éclaire. Ils sont venus pour nous caresser et nous consoler quelques minutes. Ils n’ont pas fait le déplacement pour la « liberté d’expression ». Rappelons qu’il y a juste un an, le gouvernement français a fait interdire le spectacle d’un humoriste français, et que, curieusement, ils ne sont pas venus à cette occasion. Ce qui apparaît au grand jour, c’est qu’ils ont déplacé leurs honorables anatomies pour tout autre chose que la « liberté d’expression » : pour la défense inconditionnelle du droit à la bêtise. Cela fait leurs petites affaires. Cela facilite leur digestion et leur promet une aisance accrue pour continuer à gouverner comme ils gouvernent : avec une opinion publique complètement manipulée et sous-influence, une opinion publique qui préfère être ignorante et stupide, qui a décidé de vivre une existence mensongère, qui a choisi de se laisser tromper et de croire au spectre terroriste, qui s’est résignée au capitalisme, qui a fermé les yeux quand les enfants de pays lointains meurent par dizaines de milliers, qui a choisi de tromper sa femme comme sa patrie, qui a décidé d’égarer ses enfants tout autant que ses compatriotes, qui décidé et choisi tout ceci parce qu’elle ne croit plus en rien… Parce que si elle croyait, parce que si elle se réveillait de sa dormition, si elle abandonnait son aveuglement volontaire, alors nous pourrions penser avec sérieux à une révolution. Mais non. Ne rêvons pas. Personne ne pense à la révolution. Tous gémissent, tous supplient : Nous voulons continuer comme ça, nous voulons que vous nous garantissiez le seul droit qui nous reste ! Impossible de penser désormais, impossible d’agir, impossible d’aimer, impossible de vivre en paix, impossible d’éviter le consumérisme, impossible de vouloir quelque chose… alors nous vous supplions de nous laisser le peu qui nous reste : Etre Charlie, c’est-à-dire nous identifier avec une modeste revue satirique qui représente, soi-disant, la « liberté d’expression ». Je ne me souviens pas avoir entendu dire que lorsque Flaubert fut jugé pour Madame Bovary (et ce n’était pas il y a 1000 ans), le peuple français se soit levé pour crier en chœur : Je suis Madame Bovary ! Je ne m’en souviens pas parce que ça n’est jamais arrivé. Et ça n’est jamais arrivé parce qu’ils n’étaient pas complètement idiots. Ca n’est jamais arrivé parce qu’ils étaient encore des hommes libres dans une Europe traversées de part en part par de grandes luttes politiques et sociales. Ils n’étaient pas encore soumis, esclavagisés comme nous le sommes aujourd’hui. A cette époque, on entrevoyait encore des futurs révolutionnaires en Europe. Désormais, nous n’entrevoyons guère qu’une continuation à perpétuité de la pire des servitudes, pire que l’ignorance, pire que l’arrogance : la liberté d’exprimer la bêtise.

 

Guido Mizrahi

El derecho a la estupidez

“Je suis Charlie” o el derecho a la estupidez

Guido Mizrahi

         Si esto que escribo es una sátira nadie podrá decirme nada salvo que no se ha reído. No puede censurar mi “libertad de expresión” aunque diga cualquier cosa, pavadas, payasadas, mentiras, blasfemias, injurias y estupideces. Nada. ¿Es una sátira queridos Charlies? Quién sabe. Duden. Así que no me censuren. El juego se me abre para decir lo que quiero aunque no piense, aunque no diga nada en absoluto.

         ¿Qué está pasando? ¿Dónde está el problema? Cuando se llega al punto de sostener un cartel que dice “Je suis Charlie”, periódico semanal de una tirada de 20.000 ejemplares para defender la “libertad de expresión” es porque algo está pasando. Y está pasando que la gran mayoría de los occidentales está defendiendo el último bastión que les queda: el derecho a la estupidez. Eso es lo que se está defendiendo en la calle con el “Je suis Charlie”.

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         El fraude del 11 de septiembre fue la puesta a prueba del grado de estupidez del que era capaz la gran mayoría de los occidentales. Dio tan excelentes resultados que no fue necesario hacer nada durante un tiempo. Un perfecto espectáculo montado para ver hasta qué punto ya nadie distingue la realidad concreta de la pantalla de Hollywood. Un perfecto espectáculo para probar seriamente la potencia de cómo manipular la conciencia a través de los medios de comunicación de masas y qué capacidad había en la población de dejarse engañar. Cuando digo nadie me refiero a la opinión pública, no a los pocos que siguen pensando que aquello fue una buena farsa para comenzar a desplegar el Nuevo Orden Mundial que amputaría progresivamente todas las libertades sometiendo a las poblaciones a una vigilancia y un control sin igual en la historia, y además a promover la idea del “choque de civilizaciones” para paulatinamente invadir todos los países del Medio Oriente y aniquilar el nuevo enemigo: el terrorismo.

Después de la Guerra Fría, había que continuar con la guerra, el mejor de los negocios capitalistas, y entonces se puso a prueba la conciencia, el pensamiento, la lucidez, la inteligencia de la mayoría de los occidentales. Y cayeron en la trampa. Creyeron en el Terrorismo de un día para otro. Sin dudar, sin pensar, sin reaccionar. Apareció el enemigo perfecto que no está en ninguna parte, que se puede fabricar en cualquier momento, que se lo puede matar-casi todos los terroristas mueren en los enfrentamientos- para que no tenga que declarar ante los tribunales, que se lo puede invocar en cualquier ocasión, que se lo puede entrenar en cualquier lugar, que resulta conveniente porque es invisible, y porque cualquiera puede serlo. Ese es el enemigo, el enemigo perfecto, para, poco a poco, destruir la libertad de todos los pueblos de la tierra. Pero no era suficiente crear el enemigo en abstracto. Había que localizarlo en alguna región del mapa para que a la larga esa región sea conquistada y anexada a Occidente. Esa región es el Medio Oriente. Esa región es el Islam. Entonces por transición, la opinión pública terminó asociando el enemigo como terrorista en abstracto y facciones del islam en concreto. Una vez armado el tablero, el enemigo y la región, el enemigo y el islam, era cuestión de tiempo, paciencia, y comenzar las invasiones a esos países. No me voy a detener en ninguna de esas invasiones ni en la cantidad de muertos ni en nada de todo aquello. Pero sí diré que el objetivo final del juego es quedarse con todo el Medio Oriente y muy probablemente se cumpla.

         Pero rebobinemos. Se produce el 11 de septiembre francés el 7 de enero de 2015. Un pequeño atentado en cantidad de muertos pero tocando un punto neurálgico. Ante todo, nuevamente espectacular como una película de acción de Hollywood. Pero pasemos de largo acerca de su espectacularidad y vayamos al blanco del atentado. (No se olvide querido lector Charlie que esto que escribo puede ser una sátira). Entonces matan a cuatro gatos locos. Eso significa que unos terroristas “matan la libertad de expresión” porque esos cuatro gatos locos eran dibujantes que se expresaban libremente sobre cualquier asunto sin importarles nada. Me parece bien. Muy bien. No me voy a referir al contenido de esos dibujos. Sean o no blasfematorios, sean o no inteligentes, hagan reír o no. Nada de eso me importa. Pero sí me importa algo esencial- y es la clave de mi ¿sátira?: se tocó lo último que le queda a ese occidente que está perdiendo todo. Cuando digo todo digo: valores, respeto, familia, educación, honestidad, integridad, verdad, amor, libertad, dignidad, santidad…todo…todo en relación a un sistema capitalista que corroe todo, destruye todo, aniquila todo en pos de que no quede nada que valga la pena defender. El mercado económico ha logrado que cualquier cosa se venda a cualquiera y cualquiera se vuelva un consumidor de cualquier cosa: eso es ser definitivamente estúpido.  Es decir nada vale nada y todo se confunde: que viva la estupidez.

Pero a pesar de todo quedaba algo. Quedaba lo que este sistema fue creando: estúpidos con derecho a la estupidez. Estúpidos a los que se les vende cualquier medicamento, estúpidos a los que se les controla la vida, estúpidos que votan a presidentes que gobiernan para los bancos,  estúpidos que quieren derechos a todo, estúpidos que no respetan nada, estúpidos que saben que los políticos, jueces y congresales son corruptos y ya no importa nada, estúpidos que no creen en Dios ni en nada, estúpidos que viven sin libertad de acción, estúpidos que ya no piensan, estúpidos que se rigen por la publicidad, estúpidos que admiten toda permisividad en nombre del progreso, etcétera, etcétera. ¿Y qué pasó? Tres gatos locos agarraron unos fusiles y dispararon contra la estupidez. Y la gran mayoría salió a las calles para gritar: Somos estúpidos, somos todos Charlie, no nos quiten el último derecho que nos queda después de haber resignado todo, todo, todo, todo…(es una ¿sátira? Entonces podrían aguantar que escriba mil millones de veces todo).

         ¿Por qué el derecho a la estupidez? Porque en el fondo sabemos muy bien que no quedan libertades y no quedan porque sabemos que nos hemos vuelto estúpidos. Hemos perdido la inteligencia, el tacto, la sabiduría, la hermandad de pensamiento, la filosofía, la sensatez…hemos perdido la libertad de pensar. Hemos claudicado la más preciada de las libertades que es la de pensar, que es justamente la que permite la de actuar. Y es la de actuar la que permite las verdaderas transformaciones sociales, políticas y económicas. Pero nos hemos resignado. Nos hemos paralizado. O mejor dicho, nos han resignado, nos han paralizado, nos han encerrado en las trampas del terrorismo, del islam, del capitalismo, de las libertades para tomar lindas vacaciones, en la libertad de matar a los débiles de Medio Oriente para edificarlos en la democracia y la libertad…Nos han convertido en estúpidos a gran escala mundial. Y entonces, entonces, queridos Charlies, ayer salimos a decir: no nos quiten eso porque si nos quitan ese último derecho entonces ya no queda nada. Y todos los hipócritas mandatarios del mundo, o los más importantes, vinieron a decirnos: – de ninguna manera, eso no lo quitaremos!!!.

         Llama terriblemente la atención que por cuatro gatos locos matados en un local de una revista (es una ¿sátira? querido Charlie) por unos terroristas islámicos se junten todos esos mandatarios. Pero es más claro que el agua. Vinieron para acariciarnos la espalda y consolarnos unos minutos. No vinieron para defender la “libertad de expresión”. Cabe recordar que justo hace un año la nación francesa censuró el espectáculo de un humorista francés…pero no viene al caso. Lo cierto es que no vinieron para defender la libertad de expresión sino para garantizar el derecho a la estupidez. Porque eso les conviene para seguir gobernando como lo están haciendo: con una opinión pública absolutamente manipulada y que prefiere ser estúpida a ignorante, es decir ha decidido llevar una vida de mentira, ha decidido dejarse engañar, ha decidido creer en el terrorismo, ha decidido resignarse al capitalismo, ha decidido cerrar los ojos cuando mueren niños de otras naciones, ha decidido engañar a su esposa como a su patria, ha decidido engañar a sus hijos como a sus “compatriotas”, ha decidido todo ello porque ya no cree en nada…porque si creyera, porque si despertara del engaño total al que está sometida, entonces algunos estarían ya pensando seriamente en una revolución. Pero no. Nadie está pensando en una revolución. Todos están gritando: queremos seguir así, queremos que nos garanticen este último derecho que nos queda. No podemos pensar ya, no podemos actuar ya, no podemos amar ya, no podemos vivir en paz ya, no podemos evitar el consumo, no queremos nada ya…pero no nos quiten lo único que nos queda: Ser Charlie, es decir un pequeño diario de sátiras que supuestamente representa la libertad de expresión. No recuerdo que cuando censuraron y enjuiciaron a Flaubert por Madame Bovary (y no fue hace 1000 años sino en el siglo XIX), el pueblo francés se haya levantado diciendo Je suis Madame Bovary. No lo recuero porque no sucedió. Y no sucedió porque no eran estúpidos. Y no sucedió porque eran aún hombres libres en una Europa de grandes luchas sociales y políticas y no estaban sometidos y esclavizados como ahora. En ese entonces vislumbraban futuros revolucionarios para Europa. Ahora sólo vislumbran que no le quiten la peor de las esclavitudes, peor que la ignorancia, peor que la soberbia: la libertad de expresar la estupidez.